Une initiative ADFI Alsace

Alimenté par : Claudia (ADFI Alsace)

Plateforme collaborative qui automatise la veille juridique (lois, décrets, jurisprudence) nous permettant de centraliser, analyser et synthétiser les données pour suivre spécifiquement les évolutions du droit liées aux croyances, à l'emprise psychologique et aux dérives sectaires.

Dernière synchronisation le 04/06/2026

En complément nous vous proposons une liste des principales lois concernant les dérives sectaires. Accéder aux ressources →

Articles favoris

7 articles disponibles

Conseil d'État, Juge des référés, 09/03/2026, 513206, Inédit au recueil Lebon ✓

Un Ă©tudiant niçois est placĂ© sous contrĂ´le administratif (MICAS) en 2026 pour avoir harcelĂ© et menacĂ© des Ă©tudiantes, cherchĂ© des armes sur le Dark web et adhĂ©rĂ© Ă  la mouvance violente et misogyne « incel » (glorifiant les tueries de masse).La dĂ©cision : Le Conseil d'État rejette son recours et valide la mesure. Le juge estime que son comportement est une menace grave et relève de l'apologie du terrorisme, justifiant son interdiction de quitter Nice et son pointage quotidien Ă  la police.> Faire un signalement pour harcèlement et propos misogyne violent sert Ă  mettre sur surveillance des individus potentiellement dangereux. 

Masculinisme et Manosphère

Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 28 janvier 2026, 24-22.240, Publié au bulletin ✓

Le site 20minutes.fr publie un article sur une mère accusĂ©e d'infanticide, en prĂ©cisant dans le sous-titre qu'elle est membre des TĂ©moins de JĂ©hovah. La FĂ©dĂ©ration nationale des TĂ©moins de JĂ©hovah s'estime indirectement visĂ©e et exige un droit de rĂ©ponse, que le journal lui refuse.Ici, en janvier 2026, La Cour de cassation rejette dĂ©finitivement la demande de la FĂ©dĂ©ration. Elle juge que mentionner la religion d'un fait-diversier ne donne pas de droit de rĂ©ponse Ă  l'organisation religieuse nationale, tant que celle-ci n'est pas nommĂ©ment ou directement visĂ©e.> Les TĂ©moins de JĂ©hovah perdent leur procès et doivent verser 3 000 € au directeur de 20 Minutes.

Témoins de Jéhovah Abus de faiblesse et Emprise mentale

Cour de cassation, civile, Chambre civile 2, 17 mars 2022, 20-13.505, Inédit ✓

Une femme a passĂ© plus de 20 ans au sein d'une communautĂ© religieuse non reconnue juridiquement (groupement de fait). Ses dirigeants (un couple) ont dĂ©libĂ©rĂ©ment refusĂ© de l'affilier Ă  la caisse de retraite des cultes (CAVIMAC), qualifiant la dĂ©marche d'« anti-Ă©vangĂ©lique » (alors qu'ils cotisaient pour eux-mĂŞmes par ailleurs). La victime a agi en responsabilitĂ© pour obtenir rĂ©paration de sa perte de droits Ă  la retraite.Les dirigeants d'une structure sans personnalitĂ© morale peuvent-ils s'abriter derrière leurs fonctions pour exclure leur responsabilitĂ© personnelle, Ă  dĂ©faut de "faute dĂ©tachable" ?La dĂ©cision de la Cour de cassation : Non. Le pourvoi des dirigeants est rejetĂ©. La Cour pose un principe strict :    « Toute faute commise par les dirigeants d’une collectivitĂ© dĂ©pourvue de personnalitĂ© juridique constitue une faute personnelle de nature Ă  engager leur responsabilitĂ© Ă  l’égard de la victime, peu important que la faute soit ou non dĂ©tachable de l’exercice de leurs fonctions. »  La Cour de cassation rappelle que l'Ă©cran de la "faute dĂ©tachable des fonctions" (qui protège habituellement les mandataires sociaux) n'existe pas pour les dirigeants d'un groupement de fait. En cas de violation dĂ©libĂ©rĂ©e d'une obligation lĂ©gale, leur responsabilitĂ© civile personnelle est engagĂ©e de plein droit. Les Ă©poux sont condamnĂ©s in solidum Ă  verser 72 079 € Ă  la victime.

Mouvements Évangéliques

Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 3 mars 2021, 19-87.139, Inédit ✓

Un homme, magnétiseur et praticien de reiki, a été accusé par une patiente d'agressions sexuelles commises lors d'une séance. La victime a porté plainte pour viol en 2015, les faits ayant été requalifiés en agressions sexuelles aggravées (attouchements sur la poitrine, les fesses et le sexe).Il a été condamné à 2 ans d'emprisonnement dont 6 mois avec sursis, ainsi qu'à 3 ans d'interdiction d'exercer des techniques de médecines alternatives impliquant un contact physique.Les juges ont retenu deux éléments clés :Une contrainte morale : il avait été recommandé à la victime par une amie, ce qui créait un lien de confianceUne contrainte physique : la victime était allongée, nue, sous l'emprise d'un état de sidération qui l'empêchait de réagirUn abus de sa position de thérapeuteLe pourvoi en cassationLe condamné contestait sa culpabilité et la sévérité de la peine. La Cour de cassation rejette tous ses arguments et confirme la condamnation, estimant que la cour d'appel avait suffisamment motivé sa décision tant sur la culpabilité que sur la peine.

Santé et PNCAVT New Age et Énergétisme

Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 12 juin 2019, 18-82.696, Inédit ✓

Un naturopathe a pratiquĂ© de nombreuses injections sur une cliente dans de mauvaises conditions d'hygiène, provoquant chez elle une septicĂ©mie fulgurante Ă  staphylocoque dorĂ©. Il a Ă©tĂ© condamnĂ© en appel pour mise en danger de la vie d'autrui Ă  1 an de prison avec sursis, une interdiction d'exercer et 13 000 € d'amende.Exemple d'un passage Ă  La Cour de cassation :    Confirme la culpabilitĂ© : Pratiquer illĂ©galement des actes mĂ©dicaux rĂ©servĂ©s aux mĂ©decins/infirmiers constitue bien une violation dĂ©libĂ©rĂ©e d'une obligation de sĂ©curitĂ©.    Annule la peine d'amende : La cour d'appel a omis de motiver le montant de l'amende (13 000 €) au regard des ressources et des charges rĂ©elles du condamnĂ©.L'affaire est renvoyĂ©e en appel uniquement pour recalculer et justifier le montant de l'amende. La culpabilitĂ©, elle, est dĂ©finitive.

Santé et PNCAVT

Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 3 février 2010, 09-83.799, Inédit ✓

M. Jean-Claude X... a été condamné en appel à 6 ans d'emprisonnement pour agressions sexuelles aggravées sur trois mineurs de moins de 15 ans. Le condamné contestait cette décision devant la Cour de cassation, criant au complot et reprochant aux juges de s'être fondés sur de simples « présomptions ».Décision : La Cour de cassation rejette le pourvoi et confirme la condamnation. Elle retient que la culpabilité est solidement établie par :Les témoignages séparés mais parfaitement concordants des victimes, qui avaient 7 et 8 ans au moment des faits (l'une d'elles, Steve, avait 21 ans lors de son témoignage à l'audience, dix ans après les faits).Les aveux de l'accusé, qui avait reconnu les attouchements devant une commission de discipline interne de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (Mormons) à laquelle il appartenait.Résultat : Le pourvoi est rejeté. La condamnation à 6 ans de prison est définitive."qu'il résulte des déclarations des représentants de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, que Jean-Claude X... devant une commission de discipline a reconnu les faits d'attouchements sexuels sur les enfants"

Mormons / Saints des derniers jours

Cour de Cassation, Chambre sociale, du 11 octobre 2000, 98-42.380, Inédit ✓

M. Aldo X... Ă©tait employĂ© depuis 1985 comme gardien et agent d'entretien par l'Association française de l'Église de JĂ©sus-Christ des Saints des Derniers Jours (les Mormons). En 1995, l'association l'a licenciĂ© pour motif Ă©conomique.Pour justifier ce licenciement, l'association expliquait qu'elle avait changĂ© de politique interne : elle demandait dĂ©sormais Ă  ses propres fidèles (membres bĂ©nĂ©voles) d'entretenir eux-mĂŞmes les lieux de culte afin de faire des Ă©conomies, ce qui supprimait de fait le poste du salariĂ©. La cour d'appel de Metz avait donnĂ© raison Ă  l'association religieuse.C'est important d'aller jusqu'au bout : La Cour de cassation casse et annule le jugement de la cour d'appel :Absence de motif Ă©conomique valable : La Cour rappelle qu'en droit du travail (selon l'article L. 321-1 en vigueur), un changement de politique interne ou le choix de confier le travail Ă  des bĂ©nĂ©voles ne suffit pas, en soi, Ă  caractĂ©riser une cause Ă©conomique rĂ©elle et sĂ©rieuse.Sanction : L'association religieuse est condamnĂ©e aux dĂ©pens et doit verser 15 000 francs (environ 2 280 €) au salariĂ©.L'arrĂŞt de la cour d'appel est annulĂ©. L'affaire est renvoyĂ©e devant la cour d'appel de Nancy pour ĂŞtre rejugĂ©e. Le licenciement est considĂ©rĂ© comme sans cause rĂ©elle et sĂ©rieuse.

Mormons / Saints des derniers jours